Rouen : les minéraux et fossiles se conjuguent avec la préhistoire !
Un caillou reste un caillou...mais il peut prendre des formes diverses. Au salon de Rouen 2009, les minéraux et les fossiles présents dans toutes les bourses se conjuguent avec la préhistoire. Et nous restons bien dans le domaine des pierres, taillées il est vrai par nos lointains ancêtres.
Le salon de Rouen (3 et 4 octobre) ne faillit pas à sa tradition : exposants et animations figurent au programme de cette 16ème édition. C'est là sa particularité qui attire un public venu souvent de loin et en premier lieu de Paris, à guère plus d'une heure d'autoroute.
Bien avant l'heure d'ouverture, les collectionneurs se pressent devant les portes fermées de la Halle aux Toiles, une grande salle du centre ville de Rouen. Ceux-là ne viennent pas seulement pour les animations mais cherchent avant tout la pièce rare, qu'elle soit préhistorique ou paléontologique. Car Rouen est aussi un grand rendez-vous d'amateurs de fossiles. La présence d'un Mei Long (crétacé supérieur) sur le stand de Bruno Tesseron, ce « dragon qui dort bien » comme l'appellent les Chinois du Liaoning, de Ptérosaures de Chine présentés par François Escuillié (animation sur l'année Darwin aussi) ou d'une rare série de gastéropodes du bajocien de Basse-Normandie qui ne resta pas longtemps sur les tables de Fréderic Haye (animation sur le dégagement des fossiles), en sont l'illustration.
Texte François Petit - Photos Laurence Laizier
Les minéraux n'en sont pas moins solidement présents sur les stands de plusieurs exposants de qualité comme Gérard Lecomte, Jean Berthomé, Pascal Quénaon, Marie-Louise Navarro ou encore Roselyne Louste.
Ajoutez à cela quelques gemmologues comme le Sri Lankais Deen Anver (animation lapidaire) ou l'Australien Denys Joannes qui amène de son lointain pays d'extraordinaires opales aux feux scintillants comme un orage d'été.
Et pour les amoureux des origines de l'homme, la préhistoire est là, du chopper de l'Homo erectus au couteau chalcolithique finement ciselé.
Le salon d'ailleurs était sur le thème de...la gastronomie préhistorique, de quoi mettre l'eau à la bouche à plus d'un !
Sous le signe de la gastronomie préhistorique
A vrai dire, le salon commença dès le...mercredi par l'animation dans les rues de Rouen du préhistorien Cyril Calvet (musée de Tautavel). L'homme n'a pas son pareil pour montrer comment nos ancêtres allumaient le feu avec deux bouts de bois ou un silex frotté à un morceau de marcassite. Ses gestes sont rythmés par une conférence détaillée sur l'histoire du feu.
Dans la salle, Jean-Luc Piel-Desruisseaux un autre préhistorien à qui l'on doit plusieurs livres sur l'outillage de nos ancêtres, montre au public comment « décarner » des pattes d'animaux avec des silex taillés. La démonstration a lieu à huis clos pour ne pas choquer les âmes sensibles.
Pour se reposer de son travail de boucher, J.L Piel-Desruisseaux donne aussi des conférences sur le cannibalisme préhistorique. Sujet d'autant plus passionnant que Cyril Calvet intervient crâne en main, pour expliquer comment l'Homme de Tautavel a été victime de la gourmandise de ses congénères...
Bon appétit ! Après cela, les visiteurs sont invités à passer à table. On leur sert un vrai repas de Cro-Magnon dont les ingrédients ont été soigneusement choisis. Tout est rigoureusement scientifique à commencer bien sûr par la viande de renne qui constitue pendant la dernière grande glaciation de Würm, 95 % de la nourriture carnée. Détail, chaque participant dispose d'une lame de silex pour découper son steak !
Ces lames sont fabriquées par un autre préhistorien Vincent Lascour (Inrap) qui taille ces outils sous l'œil attentif des connaissseurs.
Notons au passage que la présence de trois préhistoriens de renom dans une bourse constitue une forme de reconnaissance dont les organisateurs du salon peuvent se flatter.
Ce thème sur la gastronomie préhistorique est complété par la tombola. Oui, le lot à gagner est un humérus de mammouth (26kg) qui aurait fait un extraordinaire os à mœlle ! L'heureux gagnant (Blaise Douglas) en a sans doute fait un autre usage.
Soixante exposants sélectionnés, des animations à caractère ludique et scientifique, une organisation solide de l'équipe de l'ARPA, beaucoup de monde... il ne faut pas chercher plus loin les raisons du succès de ce 16ème salon de Rouen.

